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...Mais vous n'êtes pas obligé de tout
révéler ! - 2nde partie

6 - comment bien gérer vos monstres...
Les rencontres de monstres constituent selon moi l'un des plus beau gachis
d'ambiance en jdr. Quel joueur peut encore ressentir des frissons lorsqu'il
rencontre un zombie à AD&D ?! quel MJ de jeu de rôle médiéval
fantastique prend encore le soin de bien "faire monter la tension"
avant une attaque d'orc ?
Arg ! Je m'etouffe ! MJ ! Arrêtez de tout saccager ou je rend mon
tablier !
Les monstres par définition doivent être inhabituels, déroutants,
terribles etc... C'est toute la différence entre un elfe (à
la morphologie relativement inhumaine) et un orc : une rencontre avec un
elfe n'est (normalement ) pas déroutante car l'elfe est une race
relativement répandue dans tout monde med-fan traditionnel qui se
respecte. En plus l'elfe est civilisé, alors MJs, pourquoi ne réagissez-vous
plus lorsque vos PJ restent autant sous adrénaline lors d'une rencontre
avec une troupe de gobelins sanguinaires qu'avec un vieux nain dans une
taverne ?!!!
Une apparition de monstre est à mon sens TOUJOURS un évènement
à soigner, en tout cas tant qu'on ne joue pas un un jdr d'humour
bon enfant. Un moment de tension, où les joueurs autant que leurs
PJs devraient ressentir une tension. Alors pour rendre à vos skelettes,
démons et autres horreurs innomables leurs lettres d'or, voici quelques
conseils :

1 - Mieux vaut la qualité à
la quantité
Par là, je veux dire qu'il vaut mieux réduire le nombre
d'apparitions de monstres dans un scénar pour les rendre un peu
plus spectaculaires. Pensez à n'importe quel film de monstres célèbres
: les faits sont là : tant que vous n'avez pas collé une
image, un mode de déplacement, de reproduction et d'alimentation
sur l'horreur vedette, vous restez sous tension parce que votre imagination
travaille . Dès que l'on voit ce monstre plus de 10 secondes en
pleine lumière en train d'essayer de grignotter le héros
au cour d'un combat, la tension retombe : tout le monde se remet à
manger du pop-corn en plaisantant avec son voisin.
D'où cette première règle : réduit tes apparitions
de monstres, surtout si tu joues à un jeu d'horreur !

2 - Mieux vaut tard que tôt
Dans l'optique de la règle N°1 : il est préférable
de retarder une apparition de monstre jusqu'au dernier moment (généralement
celui où c'est inévitable pour le MJ). Lors d'une campagne
de Cthulhu très célèbre, je me souviens que notre
groupe de PJ a du attendre le 4è scénario pour tomber nez-à-nez
avec un vrai monstre. Je vous raconte pas l'émotion autour de la
table de jeu ! C'était nous, les joueurs avant nos PJs qui voulaient
s'enfuire ! Pas étonnant après 3 scénarios de mijotage
d''ambiance et de tension grandissante.

3 - Soigner la période d'avant
l'apparition
" Votre monstre ou votre groupe de monstre devra attaquer les PJs
sur la colline, avant le pont " c'est en gros ce qui peut être
écrit sur les pages de votre scénario. Maintenant, au lieu
de " balancer " bêtement vos hommes-lézards sur
vos PJs, pourquoi ne pas faire jouer les 2kms avant la rencontre où
les PJs découvriront les totems primitifs en bordure du chemin,
les cadavres de la cinquantaine de gobelins qui leur ont servi de derniers
repas, les vautours massés autour du grand tas d'os près
du lieu de l'attaque, et le bruit des pierres qui se dérobent inexplicablement
sur les pentes de la gorge qu'empruntent vos PJs ? Essayez au maximum
de faire présager le pire à vos joueurs, laissez-les surestimer
le nombre/la force/discrétion de vos monstres. Si vous le pouvez,
essayez aussi de harceller vos PJ par des "quasi-apparitions"
qui leur feront croire qu'on les considère comme du gibier (des
buissons bougeant au loins, une silhouette ramassée qui disparait
dans l'ombre à un bout de couloir, un hurlement lointain d'une
de leur victime, un grognement derrière eux, puis quelques secondes
après, un feulement sur leur gauche). Faites paniquer vos joueurs,
essayez de les titiller psychologiquement.

4 - Garder le mystère aussi
longtemps que possible
Considérez vos monstres comme un atout d'un jeu de carte, cachez-le
aussi longtemps que possible, et faites en sorte que le moins de personne
ne sachent que vous le détenez. Aussi, dans la mesure du possible,
lorsqu'un affrontement aura lieu, essayez de ne pas tout dévoiler
du monstre : arrangez vous pour que les combats se déroulent dans
l'obscurité, que vos monstres s'enfuient avant une deuxième
attaque, ne décrivez que certaines parties de leur anatomie (une
tentacule sous une porte, des crocs dans la nuit, des griffes surgies
de nul part etc...) . Essayez aussi de leur faire attaquer les PJs isolés
sans les tuer ; dans ce cas, priez tous les autres joueurs de se lever
et de sortir de votre local de jeu quelques instants juste histoire de
jouer une première rencontre entre le monstre et le PJ du joueur
restant en solo. Ensuite arrangez-vous pour que le monstre s'écarte
à nouveau de la scène, faites revenir les autres joueurs
avant une nouvelle attaque en règle de tous les PJs etc...
Vous interpretez vos PJ lors des dialogues !? Et bien interprétez
vos monstres lors des combats : rendez-les inquiétants, sournois,
animal, fourbes etc... Vos PJ devraient aimer retrouver un peu de challenge
dans leurs combats.


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